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Etre femme dans le monde est la réflexion qui intéresse cet article aujourd’hui. Le sujet est vaste, sérieux, en pleine évolution aussi il ne saurait se réduire aux propositions ci-dessous.

Pour cela, j’ai choisi de partager et faire parler quelques extraits issus de livres entre eux.

En effet, chaque livre possède son enseignement voir un message au creux de personnages, en filigrane de son histoire, même dans un ouvrage de théorie (je n’en choisi volontairement pas dans cet article). Parfois, un mot, une phrase, un passage au beau milieu d’un livre donne tout le poids et le propos d’un sujet, d’une sagesse que l’auteur détient et partage. Bien sûr, chacun a sa lecture des livres et de la vie (au sens propre comme figuré).

Dans ce partage, il s’agit de lire avec votre cœur tout simplement les quelques passages, comment ces extraits viennent vous parler émotionnellement et peut être dans votre propre histoire (pas une analyse intellectuelle).

Je commence par ces deux passages, deux livres. Deux auteurs, chacun dans leur domaine respectif, font entendre une profonde réflexion. Plus qu’une réflexion, une perception fine à la fois de la confusion de la mère et de la femme, leurs divisions, leurs mémoires mais aussi leurs essences constitutives de la transmission.

Confusion de la mère et de la femme

« Je l’encourageais à abandonner son rôle de mère. Mon petit frère qui avait dix-huit ans vivait toujours avec elle.

Il n’étudiait pas, ne travaillait pas. Il continuait de passer plus de 10 heures par jour sur sa console de jeux. Ma mère soupirait « je ne peux pas l’emmener avec moi à Paris, mais je ne veux pas non plus le laisser tout seul. Je ne suis pas comme les mères qui abandonnent leur gosse ».

Je lui disais qu’elle ne devait que penser à elle, que même si il était son fils, il était un homme. Et qu’elle ne pouvait pas laisser un homme de plus lui gâcher la vie. Je venais de le comprendre, un fils face à sa mère, même s’il est un  fils, reste un homme face à une femme. (…)

Elle était tentée par l’appel de la liberté, mais elle se sentait encore responsable. (…) elle avait eu raison, non seulement pour elle mais pour mon frère aussi. Une métamorphose en entraîne d’autres. Après son départ, il a trouvé un logement, des amis, de nouvelles occupations. Il m’a dit un jour, je suis transformé, j’étais devenu un zombie ».

Extrait de l’ouvrage Combats et métamorphoses d’une femme  d’Edouard Louis.

Transmissions constitutives du lien mère enfant

A la lecture de ce passage, je fais résonner un autre livre  Mère  de Laurent Huguelit, (chamane).

En effet, dans cet ouvrage, l’auteur nous délivre les messages de la nature, l’esprit de la forêt amazonienne. Dans le chapitre héritage, se murmure :

Etre une femme dans le monde aujourd'hui

« Dans leur pureté originelle, les enfants absorbent le brouillard et les souffrances de ceux qui les entourent (…) il y a un chant qu’ils absorbent encore plus profondément que les autres : celui de leur mère. Le lien à la mère est tellement fusionnel (…) 

Oui, toi qui lis ceci, tu es l’enfant d’une femme ; et cette femme t’a porté en son sein. Elle t’a nourri de son chant ».»

Extrait de l’ouvrage Mère  de Laurent Huguelit

Ici, nous pourrions parler de sagesse populaire, tant le sens commun conféré dans ce message indique ce que nous savons tous : la primauté de ce lien entre une mère et son bébé, son enfant. (Approche qui n’est pas sans rappeler les théories psychanalytiques). Cependant cette vérité est si ramassée, que nous oublions aussi sa profondeur et complexité.

En effet, ce lien de chair entre une mère et son enfant colporte aussi plus qu’il n’en dit et se voit car il n’est pas que conscient. La relation contient nos mémoires éveillées et nos mémoires enfouies, inconscientes de nos héritages collectifs, individuels. Le lien primordial est fait de l’histoire de l’humanité, où sont inscrits les actes, les gestes portés au monde, ici aux femmes, propos de l’article. Les femmes, à cette autre moitié de l’humanité et à cet autre en chacun de nous, puisque nous portons tous une mère en nous et peut être le sommes nous.

Aussi l’histoire collective et individuelle passe dans ce « chant » maternel et nourricier dont parle l’auteur.

Les mémoires se transmettent

Les mémoires passent ainsi en filigrane dans les transmissions éducatives, qu’hommes et femmes perpétuent à leur insu. Par exemple : comment on se comporte quand on est garçon ou fille dans la vie ? Quand bien même on tente de la contourner dans une tentative d’effacement de genre. Car même au creux des nouveaux modes éducatifs, les mémoires subsistent car nous les portons, nous n’en sommes pas totalement affranchies. D’autant si nous sommes dans la réaction, faire l’inverse ne dit en rien la libération, au contraire.

Etre une femme dans le monde aujourd'hui

“Néanmoins, le passé laisse des traces, des blessures profondément ancrées, un lourd bagage matriciel qui ne demande qu’à être libéré. Car se reconnaître femme, c’est accepter pleinement toutes ses facettes : ses parts de fragilité, ses parts d’ombre, ses parts de créativité, ses parts de lumière »

Extrait de l’ouvrage le féminin sacré de Daisy Bodin et Julie Bodin

Derrière la mère, la femme

Derrière la mère il y a la femme, celle que l’on respecte, celle que l’on honore mais aussi celle que l’on bafoue, celle à qui on fait supporter sa propre ignorance de soi, son agressivité, voir sa haine… Oui, l’histoire du monde est loin d’être belle. Nous en héritons tous que nous soyons homme ou femme.

Au-delà de l’éducation donnée en explications ou interdits, la première transmission plus impalpable et fine est la propre posture du parent dans le monde. C’est cela que l’enfant absorbe pour reprendre le verbe de Laurent Huguelit. Comment cette mère est-elle femme dans sa vie avec ses enfants, avec son conjoint et avec elle-même ?

A son insu, l’enfant se nourrit de tout cela. Il n’a pas la distance émotionnelle, la maturité physique et psychique. Il intériorise sa mère, celle qui se présente dans cette symbiose, nécessaire à la vie extra-utérine à présent.

Si nous revenons, aux connaissances intimes de ces deux écrivains, aux univers différents, qu’ils nous témoignent, nous entendons la responsabilité de tous face à sa propre mère, cette femme.

L’acte posé par celle-ci est également fondamental. Cet acte passe par la limite de la mère. Cela commence par sa position face à ce futur homme qu’est et sera leur propre garçon, comme l’écrit Edouard Louis . (Mon propos contient la compréhension des situations difficiles voir dramatiques ou certains choix ne peuvent s’opérer notamment dans certaines cultures).

Un autre livre peut venir rejoindre la réflexion. Il s’agit de Filles de Camille Laurens, l’écrivaine décrypte par la puissance des mots le lourd héritage de nos lignées. Colporté par les hommes mais aussi accepté et perpétué par les femmes, nos propres mères.

Etre une femme dans le monde aujourd'hui

« C’est une fille. Ça commence avec un mot (…). Le mot fille n’a aucun sens pour toi, pas plus que le mot garçon qui circule par moments dans la conversation de ta mère. Tu vas percevoir peu à peu, au gré d’autres mots, son importance inaugurale. Tu vas comprendre qu’il ne s’agit pas seulement (…) d’une observation neutre, d’un constat, mais aussi et plutôt d’un rapport au monde, d’un destin en creux si l’on peut dire. « C’est une fille » signifie d’abord « ce n’est pas un garçon ».

La chute du propos tient dans le dernier mot d’une fille à sa mère.

« Tu sais maman (…) tu sais une fille c’est bien aussi (…) c’est merveilleux une fille »


Extrait de l’ouvrage Filles de Camille Laurens

Merveilleux. Un mot qui vient relever, élever, libérer la fille coincée depuis des générationsUne fille vient de délier sa mère du poids générationnel, tout au moins l’alléger.

Ce mot là dit un déplacement des positions occupées quant à son être de fille, de femme et nous fait avancer sur ce comment être une femme dans ce monde aujourd’hui ?

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Depuis plusieurs années un mouvement planétaire dénonce les maltraitances faites aux femmes (injures, viols, rabaissements, humiliations…). Mouvement amorcé par certaines figures féminines des décennies auparavant. Ces femmes étaient déjà le porte-parole d’une partie de l’humanité par leurs choix de vie, de carrières. Un combat pour faire valoir sa voie, son être autrement que sous la domination des hommes.

Cependant, ne nous égarons pas en route. Dénoncer, défendre, se battre… ces verbes offensifs sont-ils ceux que l’humanité souhaite encore ? Que nous soyons femmes et hommes, cette question se pose. Car si ce monde de dualités (victime/bourreau ; homme/femme ; qualités/défauts…) existe en chacun de nous par nos héritages, il est une vision du monde auquel nous consentons en le perpétuant. Par ignorance bien souvent.

Alors comment être une femme dans ce monde aujourd’hui ?

De nouvelles voies s’ouvrent avec les élévations de consciences, le discernement, les nouvelles générations… tout cela fait son chemin. Et en marge des modèles, des croyances limitantes et idéaux perpétués : La sororité.

La sororité

D’une certaine façon, elle n’est pas nouvelle. Elle est ce rassemblement des femmes entre elles, pour la solidarité, la célébration aussi. La sororité propose le partage des peurs, des trahisons, des douleurs de l’âme mais aussi des joies, des expériences, des ressenties, des cheminements… Ce rassemblement invite à parler de soi, aller vers soi, transcender et partager aux autres.

La sororité propose l’alliance entre femmes et non plus l’opposition, elle propose aussi l’alliance avec les hommes. Elle est un changement de posture au monde. L’union fait passer à un autre niveau.

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Au-delà du sens, les mots ont une vibration, ils diffusent de l’énergie, la votre, celle de votre âme. Décuplée quand vous l’aligner sincèrement avec vos actes.

A présent, quel est le mot que vous choisissez pour parler de vous, quel mot aimez vous, pour vous ?