Analyse de la pratique

  • Travail En équipe

A qui s’adresse l’analyse de la pratique ?

La composante émotionnelle, affective est présente dans les relations humaines d’autant quand le lien instaure les places de soignant/soigné, éducateurs/usagers. Ainsi travailler dans une structure recevant des enfants, des personnes en situation d’handicaps, atteintes d’une maladie, génère en son sein : affects, désirs, stress, impasse, fatigue… Les institutions sont chargées d’accueillir, gérer, absorber ce que la société n’a pas capacité à réguler ou à régler.

Lois, décrets, projet d’établissement, cadre de travail, fiche de poste indiquent des procédures, objectifs, les missions de chacun… mais cela ne dit en rien de ce qui se joue dans les mouvements  d’une relation, de rencontre de sujet à sujet.

D’où la nécessité de se poser, dans un lieu, prendre le temps d’aborder des cas concrets, de mettre en forme et en mots ce que l’on vit au quotidien et en extraire une autre forme de savoirs, non écrits jusqu’alors.

Ce que permet l’analyse de la pratique

– à titre individuel, la prise de conscience de ses difficultés, impasses, par la mise en parole, l’expression ou l’écoute de ses pairs, permet déjà en soi, un pas de côté. Une distanciation qu’il n’est pas forcément  possible de prendre dans le mouvement du travail, par manque de temps, de disponibilité : il s’agit de percevoir sa propre posture professionnelle.

– dans le groupe : le cas évoqué produit des échanges, des réflexions variées, riches, constructives. Les impasses relationnelles, les situations qui semblent bloquées présentent alors d’autres perspectives, des leviers, à ce titre le groupe est ressource. L’analyse de la pratique permet de prendre de la distance, d’initier une co-réflexion sur les pratiques, entre pairs. Faire réfléchir les professionnels sur leurs pratiques : promouvoir, éveiller une posture d’êtres questionnant, pensant sa pratique.

– Gage de professionnalisme : par son principe de réinterroger des pratiques (qui, au quotidien, peuvent avoir perdu de leur sens et peuvent même devenir contre productives). De plus mettre en mots et réflexion le quotidien des actes, de l’accompagnement, les professionnels réalisent leurs compétences, implications, valeurs.  Cela peut aussi être un apport riche pour les nouveaux professionnels rejoignant une équipe, et pourquoi pas une élaboration spécifique de la culture de l’établissement. Solidarité, cohésion, le sentiment d’appartenance peuvent en découler;